Votre employé est en retard ? Votre enfant fait un dégât en échappant le pot de lait par terre ? La pièce que vous attendez impatiemment pour réparer le tracteur n’est pas encore arrivée ? Vous allez en vacances et il pleut tous les jours ? Vous avez pris une décision financière qui s’est avérée être un mauvais choix ?

Qu’ont en commun toutes ces situations ? Elles ont le potentiel de vous faire vivre de la frustration.

La tolérance à la frustration est une compétence émotionnelle essentielle pour une saine gestion des émotions. En fait, ceux qui ont une faible tolérance à la frustration entraînent des impacts négatifs pour soi et pour les autres : conflits, inefficacité, climat de travail négatif, stress et impact sur la santé à long terme. Et comme les émotions sont contagieuses, celles-ci affectent leur entourage lorsqu’un individu frustre constamment pour tout et pour rien.

Mais d’où provient l’intolérance à la frustration ? De fait, l’origine de celle-ci émane d’idées irrationnelles et irréalistes, quoique souvent inconscientes, que nous entretenons sur nous, sur la vie ou sur les autres.

Voici quelques-unes des croyances irréalistes entraînant de la frustration :

  • La vie est juste : Vous ne prenez jamais de vacances et pour une fois que vous vous le permettez, il pleut. Vous vous dites pourquoi cela m’arrive, ce n’est pas juste. Et bien, qui a dit que la vie était juste ?

  • Les autres doivent toujours faire et dire ce à quoi je m’attends : L’employé arrive en retard. En effet, s’attendre à ce qu’un employé soit toujours à l’heure est irréaliste. Même vous, il peut parfois vous arriver d’être en retard au travail où à un rendez-vous.

  • Les évènements se passeront toujours comme prévu : On vous avait dit que la pièce pour votre tracteur arriverait pour mardi et elle n’est pas arrivée. Et bien, les évènements ne se passent pas toujours comme prévu.
  • Je dois être parfait et compétent dans tous les domaines. Vous avez fait un mauvais investissement ? Sachez que comme la plupart des gens, vous n’êtes ni parfait ni compétent dans tous les domaines. En l’occurrence, vous prendrez assurément de mauvaises décisions un jour ou l’autre et ne réussirez pas tout ce que vous entreprendrez.

Développer sa tolérance à la frustration, c’est devenir plus réaliste envers la vie, envers soi et les autres. Nous avons tous en nous ces croyances irrationnelles et les évènements se produisant dans notre vie, sont en soi des occasions qui viennent irrémédiablement déclencher ces croyances. Développer sa tolérance à la frustration permet de récupérer toute notre énergie physique, intellectuelle et émotive, pour que nous soyons par la suite en mesure de la canaliser vers des projets constructifs. Chaque heure perdue à «frustrer», est une heure gaspillée que vous ne retrouverez jamais.  En outre, cette condition affecte tout le monde qui vous entoure.

Qu’est-ce que je peux faire pour diminuer ma frustration en intensité, mais aussi en termes de durée ?

  1. Identifiez la croyance irrationnelle à la base de votre frustration ;
  2. Écoutez votre discours intérieur (vos petites cassettes) et changez votre vocabulaire:
    1. c’est épouvantable, inacceptable, intolérable, c’est l’enfer, c’est injuste;
    2. c’est décevant, c’est difficile, c’est ennuyant, mais c’est aussi ça la vie.
  3. Identifiez le niveau de gravité réelle de l’évènement : quelles sont les conséquences réelles sur votre vie sur une échelle de 1(banal) à 10 (extrême) ;
  4. Relativisez : quelles conséquences auront ces situations sur votre vie dans 20 ans ;
  5. Demandez vous si vous avez du pouvoir sur la situation : si oui agissez, si non lâcher prise ;
  6. Rappelez-vous que la vie n’est pas parfaite, pas plus que vous ne l’êtes ou ne pourraient l’être les autres.

Finalement, sachez que de vivre auprès de quelqu’un qui démontre une faible tolérance à la frustration, peut devenir « frustrant » à la longue.